Un vieux monsieur debout en short de bains sur une plage paradisiaque.
Il tient à chaque bras et par les hanches, une créature de rêve en bikini rouge tout droit sortie d'Alerte à Malibu.
Cette affiche est celle d'un film.
Le titre en caractères gras annonce: Le vieil homme et la mer.
Une capsule juste en dessous ajoute: Lisez-le avant qu'Hollywood ne le fasse pour vous.
Tout est dit! Vous avez tous des images de films qui vous trottinent dans les cellules grises. Mais je ne compte pas m'en tenir à cela, car j'ai encore un argument choc pour étayer le sujet de ce topic, j'ai nommé GHOSTRIDER.
... et d'abord, salut.
Plus de six mois se sont écoulés depuis les aventures de cette bobine dans nos salles obscures. J'ose croire que bon nombre d'entre vous auront su échapper à ce spectacle funeste. Malheureusement, le danger plane à nouveau au dessus de nos petits crânes fragiles, car, tremblez pauvres Mortels, ce navet va bientôt venir obscurcir les étalages colorés de votre loueur de... DVD's!
Avant d'aller plus loin cher lecteur, je t'informe que je vais divulguer sans ombrages ni scruspules la quasi totalité de l'histoire. Alors si mes mises en garde te laissent de marbre et que, comme moi, tu as décidé de voir ce film (daube?), et que tu préfères conserver la saveur d'un récit dont tu découvres tout, je te conseille de passer ton chemin. Sache tout de même qu'en lisant cette critique, tu peux t'épargner la perte de deux heures de ta vie que jamais tu ne pourras récupérer.
Ainsi donc, venons-en au fait.
Mark Steven Johnson, déjà coupable de la réalisation du très contestable Daredevil (Bhouh, mais quelle B.O horrible), s'est offert une fois de plus la confiance des grosses huiles d'Hollywood pour l'adaptation du Ghostrider. Pour avoir bouquiné un peu le Comics en question pendant ma jeunesse, j'avais le souvenir d'un personnage très sombre, une créature asservie par les forces démoniaques, mais qui, bond fond oblige, se sent irrésistiblement poussé vers la Lumière. En somme, le gars qui demande qu'à être sympa avec les petites vieilles qui traversent mais qui peut pas s'empêcher de lui faire six fractures ouvertes au coudes dans le même laps de temps. Un individu qui n'est pas sans en rapeller un autre peut-être plus connu, le Spawn, mais dont le look-blouson-de-cuir-sur-sa-grosse-moto-pleins-de-crânes-en-métal évoque immédiatement un esprit noir et brutal.
La très bonne nouvelle de ce film, est que le réalisateur annonce immédiatement la couleur. Dans les dix ou quinze premières minutes du film vous savez que vous avez les yeux rivés à un navet. (Il a également la bonté de vous le rappeler une fois de plus dans le dernier quart d'heure, des fois que vous auriez encore des doutes)
J'explique.
L'ouverture du film amène à une séquence au sujet de laquelle il semble évident de pouvoir donner du cachet. Le jeune héros impétueux (salut les clichés) que j'ai envie d'appeler Toto, doit vendre son âme au Diable.
Pour faire bref, le père de Toto est atteind d'un cancer. Toto l'apprend et il est triste dans son coeur. Le diable en profite pour lui soutirer son âme en échange de la guérison de son père.
Ca parait simple, mais croyez-le ou non, cette séquence est un échec cuisant. Une véritable HONTE.
Au moment ou Toto déploie le contrat à signer que le Diable lui tend, il se coupe le doigt sur le bord du parchemin. Une goutte de sang tombe sur le papier, et HOP, le deal est passé.
NUL, complètement NUL. NUL à en chier partout sur les murs.
Franchement, je comprends pas comment le Diable peut avoir recours à une manoeuvre aussi MINABLE pour pousser Toto à lui vendre son âme.
Merde, c'est le Diable quand même! La manipulation des esprits c'est son truc à lui, je vois pas pourquoi il s'emmerderait à coller de minuscules tessons de bouteilles sur les rebords du contrat, pour que de gros niais comme Toto viennent se couper dessus.
Le Diable est largement au dessus de tout ça.
Le Diable, les Totos il en voit par paquet de dix tous les jours et il les enc...
Mais voilà que je m'emporte.
Quoiqu'il en soit, après les navrances pathétiques de cette introduction, la médiocrité constante du reste du film pourrait presque passé pour du Kubrick.
On en est là.
Toto "vend" son âme au diale.
Bien sûr comme c'est le Diable et qu'il s'en fout d'être un bel enfoiré, il fait quand même mourir le pater deux jours plus tard dans un accident de moto. Au désespoir, Toto abandonne sa copine, et là l'histoire du Rider peut commencer.
Pour parler des 70 longues minutes qui suivent.
Toto, rendu immortel par le pacte du Diable, devient un acrobate de la deux roues mondialement connu. Dans l'entre temps son ex est devenue une bimbo journaliste. Le Fils du Diable réveille trois ou quatre démons qui ressemblent à des fiottes pour prendre le contrôle de l'Humanité, si possible en en profitant pour faire un gros carnage, mais avec pas trop de sang quand même, sinon il faut interdire le film en salle aux moins de 16 ans et les thunes vont rentrer moins vite, voire pas du tout dans les caisses de la prod". Du coup, en fait de bain de sang, il faut se contenter d'une simple manigance mystique qui permet au fiston d'emprisonner les âmes des mortels... Diable père apprend les activités secrètes de son fiston chéri, et tout courroucé dans son coeur qu'il est, il décide que le moment est venu pour Toto qui recommence à dragger sa copine, de se métamorphoser en sex-toy de luxe (j'imagine qu'il y a que comme ça qu'il peut prendre son pied).
C'est là que les effets spéciaux arrivent sur le tapis. Ils sont à l'image du film. D'une banale médiocrité. Les infographistes font ce qu'ils savent faire et ce pour quoi ils sont payés. Point.
Ici, je fais une halte sur une indigeste subtilité du scénario (y en a d'autres mais celle-ci m'a fait sourire).
Totorider remonte une avenue en pleine nuit sur sa moto qui crache des flammes de partout. Touts les engins garés dans la rue valsent de concert à son passage. Le lendemain (il fait déjà jour), les poulets sont sur le pied de guerre et arpentent la rue à la recherche d'indices pour comprendre d'où vient tout ce foutoir. Ils mettent la main sur la plaque minéralogique de la moto, perdue pendant la chevauchée. Ce qui leur permet trois minutes plus tard d'appréhender Toto à son domicile.
Résumons les faits. La moto du Totorider avale la rue telle une boule de feu en écorchant une centaine de véhicules sur son trajet. La bleusaille ne trouve qu'une seule plaque calcinée et pas de chance... c'est justement celle de Totorider... trop bête.
Quiproquo avec son ex.
S'en suit une médiocre séquence de téraphie de groupe. Plongé dans une cellule, Toto offre à tous les malfrats de la cage une séance du "Regard de la Rédemption". Ca c'est untruc au Rider pour faire peur aux vilains mortels qui se prennent pour des durs. Il les regarde dans les yeux, ils ont peur de leur propre reflet et ils deviennent fous. Inoffensifs comme des légumes.
Tout ça rend grotesque au possible.
Quiproquo avec sa copine.
Toto rencontre un vieux cowboy aux abords d'un cimetière qui va lui enseigner un peu le boulot de Rider.
Re quiproquo avec la copine de Toto. (Que de quiproquos, on se croirait dans Magguie)
Grosso modo, tout ça pour en arriver à la scène finale. La confrontation entre Toto et le Fils de... diable.
On se dit qu'on va pouvoir enfin se matter une bonne petite scène de baston... mais en fait non.
Ce combat est similaire à ceux qui ont précédé. Ennuyeux.
Toto a déjà éclater les démons sous-fifre en 3 baffes et quarantes secondes montre en main. Le fiston, lui il est trop fort, alors finalement, plutôt qu'une confrontation directe, Toto trouve le moyen de se le farcir par une alternative sur laquelle je ne vais pas pouvoir baver, car figurez vous que c'était tellement génial que j'ai complètement oublié la manière dont ça se passait. Un truc pourri du genre je fouts le vampire sous le soleil du matin pour lui crâmer la tronche à coups d'UV... Bof.
NUL.
Le comics original est dépossédé de tous les attributs obscurs qui en faisaient l'intérêt. Ce film ratisse au plus large pour faire du blé et, une fois de plus, vous pouvez déguster, tel un bon coup de poing dans les dents, une adaptation cinématographique lamentablement râtée.
NUL
et pourtant, il est une chose que le réalisateur sait faire... filmer la bombasse et son énorme décoleté. Pour le coup, faut avouer que le réalisateur trouve à correctement employer son instrument. J'en veux pour preuve la séquence dite de l'"ouverture de porte".
Pas une porte banale. Une grille coulissante en deux parties. Il se trouve que Toto crèche dans un loft, par lequel on accède via un monte-charge. Vous imaginez donc la jolie Eva Mendes qui pointe le bout de son front à l'étage, et qui se met en oeuvre pour s'ouvrir le chemin.
Une main sur chaque partie de la grille. Caméra pleine face. Et hop elle écarte les bras pour pousser les portes en découvrant, à l'oeil du spectateur, sa poitrine majsetueuse. Juste avant que son mouvement soit terminé, le plan passe en trois quarts, afin que le consommateur puisse contempler les volumes dans toute leur immensité... pour le coup y a pas à dire, c'est du bon boulot. De loin les douze secondes les mieux employées du film.
(Mais rassurez-vous amies naines, le séduisant Nicolas Cage vous offre également une scène de demi-nu pour bien vous montrez ces apétissantes tablettes de chocolat et ces plaques pectorales larges comme des tables de ping-pong... et en prime, pour une fois il a aussi des cheveux).
Comme l'aurait dit ce cher Jay Sherman... "Ce film est NUL!"
C'est tout pour aujourd'hui, mais si vous me poussez assez fort contre le mur, je peux me mettre à rebondir.
Grosnain